RÉSIDENCES ARCHIPEL
La résidence ARCHIPEL pilotée par le Frac Grand Large — Hauts-de-France prend place dans un écosystème méconnu, celui des écoles d’art de pratique amateur et de préparation aux formations artistiques.
Les rencontres entre de jeunes artistes et les publics de ces écoles favorisent l’émergence de communautés temporaires et marquent durablement de leurs empreintes la création en région.
Pendant trois mois, des équipes professionnelles accompagnent les artistes qui reçoivent une bourse de résidence ainsi qu’une bourse de production, un texte sur leur travail est commandé à un.e critique d’art et des expositions sont organisées dans la région. À travers cette résidence, le Frac aide à tisser des liens entre différents partenaires (musées, écoles, fablabs…) pour aller à la rencontre des habitant.e.s, regarder ensemble des oeuvres et partager des interprétations.
Initié par la Drac Hauts-de-France avec le Frac Grand Large, ARCHIPEL reçoit notamment le soutien du département du Pas-de-Calais à travers l’aide apportée au PÔLE LITTORAL : l’école Municipale d’Arts de Boulogne-sur-Mer et l’École d’Art du Calaisis Le Concept. Les écoles partenaires du PÔLE INTÉRIEUR sont : l’école d’arts plastiques espace Villar(t)s de Denain et le Centre des arts plastiques et visuels de la Ville de Lille.
LA RÉSIDENCE
SOUTENIR LA CRÉATION
Destinée à accompagner le travail d’artistes en début de carrière, cette résidence met à disposition les ateliers des écoles tournées vers les pratiques diverses, de la sculpture, à la gravure en passant par la photographie. Accueillis sur un pôle territorial constitué de deux écoles d’arts et d’un réseau d’acteurs culturels, les artistes bénéficient d’un ensemble de ressources favorables, à même de faire fructifier les démarches de recherche. La résidence permet ainsi les rencontres, le partage des savoir-faire, la découverte d’une région et offre l’opportunité de temps d’expositions et d’échanges avec un(e) critique d’art.
FAVORISER LA RENCONTRE AVEC LES PUBLICS
Installés au sein des écoles d’arts plastiques, la présence quotidienne des artistes est l’occasion de tisser des liens avec le public des écoles, engagé dans une démarche de découverte et de pratique amateur des arts plastiques. La création contemporaine dans sa diversité, le travail de recherche, d’expérimentation et de production sont appréhendés de manière concrète dans un rapport de proximité et de partage.
UNE DYNAMIQUE À L’ÉCHELLE DES HAUTS-DE-FRANCE
Conçu à l’échelle de la région Hauts-de-France, ce programme de résidences de recherche et création bénéficie de la mise en réseau d’un ensemble de structures et de territoires singuliers. Tel un archipel, ces structures disséminées sur un espace géographique discontinu se caractérisent par la cohésion et les liens qu’elles entretiennent et cette ambition commune de soutien à la création et de partage d’expérience.
La résidence se déroule de septembre à janvier et est suivie de temps d’expositions entre février et juin.
RÉSIDENCE ARCHIPEL 2026 : LES CANDIDATURES SONT OUVERTES
Programme de soutien à la création contemporaine en région Hauts-de-France
Le Frac Grand Large — Hauts-de-France et les écoles d’arts plastiques de Boulogne-sur-Mer, du Calaisis, de Denain et de Lille reconduisent le programme de résidences de recherche et création, permettant le séjour simultané de deux artistes.
Ce programme de résidences de recherche et création soutenu par la Drac Hauts-de-France et le département du Pas-de-Calais, bénéficie de la mise en réseau d’un ensemble de structures et de territoires singuliers du Nord et du Pas-de-Calais. Tel un ARCHIPEL, ces structures disséminées sur un espace géographique discontinu se caractérisent par la cohésion et les liens qu’elles entretiennent et une ambition commune de soutien à la création et de partage d’expérience.
La résidence s’envisage en trois temps : recherche / création / restitutions
Chaque artiste sélectionné sera accueilli sur un pôle territorial où il effectuera sa résidence :
- Pôle littoral, constitué des écoles d’art de Boulogne-sur-Mer et du Calaisis
- Pôle intérieur, constitué des écoles d’art de Denain et Lille
Chaque artiste est accueilli sur un pôle territorial constitué de deux écoles d’arts et d’un réseau d’acteurs culturels (cf. annexe 1 à cet appel). Ils forment un ensemble de ressources à même de faire fructifier les démarches de recherche et d’entrer en lien avec les singularités des territoires concernés. Le programme vise ainsi à encourager la circulation et la mise en relation des artistes-résidents avec un ensemble de structures du territoire.
Des actions de soutien et d’accompagnement à la recherche et à la création seront menées par les écoles d’arts et le Frac. Les écoles d’arts proposeront les conditions d’accueil des artistes-résidents, ainsi qu’un contexte de travail spécifique lié aux établissements d’enseignement artistique : présence d’enseignants pouvant accompagner les artistes dans la recherche et l’expérimentation de divers mediums ainsi que dans la connaissance du territoire, possibilités techniques offertes par les ateliers et le matériel disponibles.
Le temps de résidence sera ponctué de rencontres entre les artistes-résidents, le Frac et les écoles afin d’échanger et de suivre le développement des recherches et de la production.
À l’issue de chacune des résidences, les deux artistes-résidents auront l’opportunité de présenter les recherches développées et nouvelles créations à l’occasion de restitutions sous forme d’expositions ou de partage d’expérience au sein des écoles.
Le Frac mettra en relation un critique d’art et les artistes-résidents, afin de leur permettre de bénéficier, à l’issue de la résidence, d’un texte critique.
Les artistes sélectionnés bénéficieront chacun :
- D’un hébergement
- D’une bourse de résidence de 6000 euros TTC (incluant les frais de déplacements, y compris les frais relatifs aux aller-retours pendant les périodes de césure)
- D’un budget de production de 2000 euros TTC
- De la rédaction d’un texte critique
- D’une présentation publique
- D’un soutien administratif sur la création d’activité, de moments de visibilité et de mise en réseau
Calendrier du programme :
Durée de la résidence : 3 mois et demi. La résidence se divise en 2 périodes :
Période 1 : Observation et rencontres : du 5 au 16 octobre 2026
Période 2 : Recherches et création : du 2 novembre au 11 décembre 2026 et du 4 janvier au 12 février 2027.
(Césures du 17 octobre au 2 novembre 2026 puis du 19 décembre 2026 au 4 janvier 2027 en raison des vacances de fin d’année)
Restitutions : selon les projets, entre mars et décembre 2027
Conditions d’éligibilité :
- Être artiste plasticien(ne) engagé(e) dans une démarche professionnelle
- Avoir moins de 35 ans
- Justifier d’un régime de sécurité sociale (un temps de formation à la création d’activité pourra être proposé)
- En raison de l’échelle territoriale de chaque pôle de résidence, un véhicule est recommandé.
- Être complètement disponible sur la période donnée.
Pour être recevable, les candidatures seront composées d’un dossier constitué d’un fichier numérique unique sous format PDF, moins de 10 Mo comprenant :
- une description de la démarche artistique et du parcours de l’artiste (1 page A4 maximum) ;
- une note d’intention sur le travail envisagé (1 page A4 maximum) ;
- un portfolio présentant une dizaine de travaux ;
- un CV (incluant les coordonnées postales, téléphoniques et email).
Dépôt des candidatures par mail, jusqu’au 1er juin 2026, à l’adresse électronique suivante : s.klein@fracgrandlarge-hdf.fr
- Une confirmation de réception par mail vous sera envoyée pour valider votre dépôt.
- Pour faciliter le traitement des candidatures, veillez à ce que votre fichier porte votre nom, sous la forme : Nom-Prénom_Archipel.pdf
La commission de sélection se réunira en juin.
Pour tout renseignement, s’adresser à :
Sara Klein, Chargée de diffusion et des résidences
s.klein@fracgrandlarge-hdf.fr
ANNEXE 1 : STRUCTURES DE LA RESIDENCE
Chaque pôle de résidence est constitué de deux écoles d’art auxquelles se rattachent un ensemble de structures culturelles et socio-culturelles susceptibles d’être impliquées en fonction du projet de l’artiste-résident.
– Pôle littoral, constitué des écoles d’art de Boulogne-sur-Mer et du Calaisis :
L’EMA / Ecole municipale d’art de Boulogne-sur-Mer fait partie de ces lieux singuliers où se croisent création et réflexion, savoir-faire et apprentissage, passion et partage. L’EMA s’attache à proposer des ateliers pour tous, ouverts à la création contemporaine, tout en préservant l’apprentissage des techniques traditionnelles. Résolument ouverte sur la ville, l’EMA développe des partenariats avec de nombreux acteurs culturels, sociaux, associatifs et éducatifs du territoire.
L’École d’Art du Calaisis – Le Concept organise des ateliers de sensibilisation et d’initiation à la pratique des arts plastiques et visuels à destination d’un public périscolaire et adulte et dispense un cursus préparatoire aux écoles supérieures d’art. Le projet d’établissement se déploie autour de 5 axes prioritaires : enseigner et former, diffuser, partager, réseauter, ressourcer, avec pour objectif de permettre une fréquentation heureuse de la création contemporaine et particulièrement des artistes émergents ; une politique d’action culturelle et de médiation soutient cette ambition.
– Pôle intérieur, constitué des écoles d’art de Denain et de Lille :
L’École d’arts plastiques de Denain – Espace Vill[A]rt a pour vocation de développer des pratiques artistiques contemporaines et pour mission de susciter la créativité auprès de ses élèves. Étant un lieu de communication dans un territoire qualifié « d’éloigné », l’école propose aussi une programmation artistique de qualité avec des expositions, débats et rencontres qui permettent d’alimenter une pédagogie et des ressources actualisées. Un nouveau grand projet de Centre des arts associant Micro-folie (inspirée des folies du parc de la Villette), arts visuels, musique et danse est en cours.
Le Centre d’Arts plastiques de la ville de Lille, lieu municipal de sensibilisation, d’initiation, de perfectionnement, de pratiques actives et de réflexions dans les domaines des images et des arts plastiques, accueille quelques 500 élèves. Egalement, des rencontres publiques avec des artistes et des manifestations culturelles et artistiques nourries rendent compte de la diversité de la création contemporaine actuelle. Enfin, un centre de documentation et de prêt spécialisé en arts plastiques et visuels ouvert à tous.
Le programme de résidences est coordonné par le Frac Grand Large — Hauts-de-France
Constituer une collection et la diffuser, soutenir la création et inventer des formes de sensibilisation à l’art contemporain, telles sont les missions des Frac, Fonds Régionaux d’Art Contemporain. Le Frac Grand Large — Hauts-de-France abrite une collection mobile de plus de 2500 œuvres d’art et de design, des années soixante à nos jours. Installé depuis 2013 dans un nouveau bâtiment à Dunkerque, le Frac Grand Large — Hauts-de-France développe également une programmation variée d’expositions et d’actions de médiation dans et hors les murs.
RÉSIDENCE ARCHIPEL 2025 :
Mercedes Klausner et Marin Martinie
MERCEDES KLAUSNER
Pôle littoral : Écoles d’art de Boulogne-sur-Mer et Calais

Mercedes Klausner est une artiste visuelle argentine née en 1991 à Buenos Aires et installée à Lille depuis 2017. Formée en architecture à la FADU de Buenos Aires (2015) et diplômée de l’École Supérieure d’Art de Tourcoing (2018), elle développe une pratique à la croisée de l’image, de la mémoire et de l’espace. Son travail, présenté en France et à l’international (CID Grand-Hornu, MO.CO., Culture HUB New York, Institut du Monde Arabe, etc.), explore la notion de trace et l’« image survivante », celle qui résiste à l’oubli et réémerge à partir de fragments.
Entre dessin, photographie, installation et dispositifs lumineux, elle crée des œuvres qui interrogent la frontière entre visible et invisible, absence et présence. Dans une époque saturée d’images, elle redonne sens à ce qui apparaît dans les interstices : poussières, fissures, objets anodins deviennent supports d’une mémoire vivante et symbolique. Lauréate du PRIX WICAR 2024, elle travaille depuis 2020 dans un ancien monastère à Roubaix, dans le cadre du projet Saisons Zéro.
Dans le cadre de la résidence ARCHIPEL, Mercedes Klausner souhaite développer une nouvelle série d’images inspirée des traces laissées par les facteurs environnementaux propres au littoral des Hauts-de-France sur différentes surfaces, notamment durant la période saisonnière proposée. Plutôt que de céder au consensus entourant la mauvaise réputation du climat du Nord, elle entend faire de son dynamisme météorologique un véritable moteur de création. Elle envisage de puiser dans la danse du vent, le rythme de la pluie, la fluidité de l’eau, la texture de la pierre ou encore les empreintes laissées sur le sable, pour faire émerger des formes visuelles chargées de symbolisme.
MARIN MARTINIE
Pôle intérieur : Centre d’arts plastiques et visuels de Lille et l’école d’art municipale de Denain

Marin Martinie est un artiste et chercheur né en 1994 à Nantes. Formé à l’illustration à l’École Estienne, puis au cinéma d’animation aux Arts décoratifs de Paris, il a complété son parcours au Fresnoy – Studio national des arts contemporains, où il a développé une pratique mêlant installation vidéo, dessin et animation. Il est actuellement doctorant en recherche-création à l’Université de Lille et membre de l’atelier Non-étoile à Montreuil.
Sa démarche artistique s’appuie sur une pratique quotidienne du dessin, envisagé comme une forme d’écriture intuitive et improvisée. Son travail explore les liens entre formes animées, corps vivants et imaginaires industriels, en croisant influences populaires (cartoons américains, bande dessinée, caricature) et références artistiques variées (abstraction géométrique, enluminure médiévale, gravure).
Depuis 2020, Marin Martinie mène une thèse sur les rapports de production dans l’industrie américaine du cinéma d’animation et sur leur cristallisation dans le personnage dessiné — figure à la fois vivante, fictive, industrielle et symbolique du capitalisme médiatique. À travers ses films, dessins et installations, il développe une lecture critique, satirique et parfois angoissée des formes que prend le pouvoir à l’ère du capitalocène : surproduction d’images, marchandisation du vivant, circulation accélérée des flux, extraction des ressources, etc.
Il a récemment été accueilli en résidence par les Ateliers Médicis (programme Création en cours, 2024) et à Pollen (2025), où il a poursuivi sa recherche sur les créatures dessinées et les formes narratives non linéaires.
Dans le cadre de la résidence Archipel, au sein du pôle Denain-Lille, Marin Martinie souhaite engager une exploration critique et poétique du territoire, en s’inspirant des plans-reliefs du Palais des Beaux-Arts de Lille et des pratiques de la contre-cartographie. Il envisage la création de dessins et d’animations à partir d’observations et d’ateliers collectifs, en croisant dynamiques réelles et imaginaires du Nord (urbanisation, industrie, faune, flore, histoire, mutations géographiques et sociales). Ses références incluent les travaux de Nephtys Zwer, Philippe Rekacewicz (Cartographie radicale) ou du collectif Orangotango+ (Ceci n’est pas un atlas).
RÉSIDENCE ARCHIPEL 2024 :
Virginie Cavalier et Josselyn David
VIRGINIE CAVALIER
Pôle littoral : Écoles d’art de Boulogne-sur-Mer et Calais
Diplômée de l’École Supérieure d’Art et de Design des Pyrénées – Tarbes en 2018, les recherches de Virginie Cavalier s’articulent autour des relations de symbioses et d’interdépendances animales, végétales et humaines.
Pour ce faire, tout commence hors de l’atelier : appréhender les montagnes et les forêts, y expérimenter des affûts photographiques, filmiques et sonores, glaner des matières naturelles et animales, à partir desquels se construiront sculptures, objets rituels, installations et photographies. A la manière de catalyseurs, ces affûts lui permettent de provoquer la rencontre avec l’animal, entraînent ajustements, rebonds, élaborations venant nourrir et s’imbriquer à la pratique d’atelier.

Restitution de résidence : exposition « CEUX QUI NOUS GUETTENT »
L’exposition « Ceux qui nous guettent » est la restitution de trois mois de résidence passés à découvrir le littoral, appréhender les bocages, les zones humides, les collines, les baies du parc des Caps et Marais d’Opale jusqu’en Baie de Somme. Sillonner entre espaces naturels sensibles et milieux chassés, entre observatoires et huttes, entre ateliers et dunes. Ce territoire, fortement marqué par la pratique de la chasse à la hutte, la proximité immédiate entre réserves naturelles et zones de chasse, mais aussi celles et ceux qui les occupent, sont des points qui ont attiré l’attention de l’artiste. Au travers de ses incursions, elle y a expérimenté des affûts photographiques et sonores. À la manière de catalyseurs, ces affûts lui permettent de provoquer la rencontre avec l’animal et entraînent ajustements, rebonds, élaborations venant nourrir et s’imbriquer à la pratique menée par la suite à l’atelier. D’autre part, ce temps de résidence fut l’occasion de moments de rencontres et d’échanges avec des locaux qui lui ont permis, en lien avec le rapport que chacun entretient avec le non-humain, de croiser témoignages, pratiques et sensibilités plurielles. La possibilité d’être guidée sur ce nouveau territoire, mais aussi de faire émerger de ses entrevues tant des pensées communes qu’adverses. En jouant d’une certaine perméabilité entre les divers dispositifs de traque de l’animal et ceux de sa préservation, elle porte intérêt à ce qu’ils ont de commun : vouloir imiter la nature, la comprendre et en faire partie entière. Il s’agit de questionner nos liens affectifs, sociaux et métaboliques avec le milieu vivant causant, de par notre nature empathique, des frictions paradoxales au sein même de nos comportements et de nos choix.
L’exposition se partage en deux volets, à Boulogne et à Calais.
1/ L’EMA, École Municipale d’Art de Boulogne-sur-Mer
Vernissage le vendredi 21 mars 2025 à 18h en présence de l’artiste
Exposition visible du 21 mars au 3 mai 2025.
2/ L’École d’Art du Calaisis Le Concept
Vernissage le jeudi 15 mai 2025 à 18h en présence de l’artiste
Exposition visible du 16 mai au 3 juillet 2025
Le Concept, 15-21 Bd Jacquard, 62100 Calais

JOSSELYN DAVID
Pôle intérieur : Centre d’arts plastiques et visuels de Lille et l’école d’art municipale de Denain
Né en 1997 à Orléans (France), Josselyn David vit à Tours et travaille aux Ateliers de la Morinerie, à Saint‑Pierre‑des‑Corps. En 2020, il a cofondé le collectif Bruit Contemporain, avant d’obtenir son DNSEP en 2021 à l’ESAD TALM-Tours. Après sa sortie d’école, son travail s’est poursuivi à travers diverses résidences de recherche/création (Les affluentes – TALM-TOURS ; Booster – Mode d’emploi).
Sa démarche se matérialise principalement à travers des œuvres performatives qui intègrent des dispositifs éco-conçus, privilégiant l’utilisation de matériaux recyclés. Elle explore la rencontre entre l’intime et la science, en s’appuyant sur des récits personnels, des enquêtes de terrain et des études scientifiques et sociologiques. L’utilisation de matériaux tels que la cire, la terre ou l’eau a profondément influencé son rapport à l’œuvre, priorisant les caractéristiques d’une matière à sa forme en elle-même. Ces éléments lui permettent de créer un langage exprimant les mutations, transformations et disparitions de la matière et d’un vivant silencieux. Son travail invite ainsi à plonger dans le monde des choses pour mieux en saisir la réalité et en réécrire l’histoire.

Restitution de résidence : exposition « SCALDIS »
« Cette exposition émane d’un ambitieux projet de recherche et de création autour de l’eau douce de surface, dont la première étape s’est déroulée dans le territoire du Nord-Pas-de-Calais. Ce travail prend forme dans le cadre du dispositif de résidence Archipel, sur le pôle intérieur entre Lille et Denain, porté par le Frac Grand Large. Mes recherches, centrées sur le fleuve de l’Escaut et l’ensemble de ses affluents, ont révélé que presque tous les cours d’eau de la région ont été canalisés. Cette transformation du réseau hydrologique régional résulte d’une logique aménagiste qui, dès le XIXe siècle, a modifié les paysages au profit de l’industrie métallurgique, de l’extraction charbonnière et de l’agriculture intensive. Aujourd’hui, ces cours d’eau, contraints dans des lits artificiels, se précipitent vers la mer sans nourrir les terres, provoquant leur incision et une sécheresse structurelle durable. Ce phénomène est accentué par les effets du changement climatique. Le drainage systématique des cours d’eau entraîne de lourdes conséquences écologiques, amplifiant notamment les extrêmes climatiques tels que les inondations, les mégafeux ou encore les sécheresses. Cette exposition nous rappelle que la rivière ne se limite pas à son lit mineur visible, mais qu’elle s’inscrit dans un réseau hydrologique complexe et interconnecté. Ces œuvres explorent la transformation d’une rivière lorsque l’humain abandonne les fonds de vallée et permet à l’eau de se réapproprier le territoire, soutenue par une espèce clé de voûte : le castor. Ce mammifère joue un rôle essentiel dans la reconnexion de l’eau à la terre, rétablissant l’équilibre écologique et nourrissant la résilience des écosystèmes.
Scaldis est le nom latin de l’Escaut, fleuve principal du bassin versant du même nom, qui traverse notamment la région Nord de la France. Scaldis est un nom d’origine celtique qui signifie « rivière brillante » ou « belle rivière », et a donné Escaut en Français et Schelde en néérlandais. L’étymologie de ce nom me paraissait alors tout à fait en accord avec mes recherches qui se sont quant à elles concentrées sur la défiguration et la dégradation des cours d’eau de ce bassin-versant. »
L’exposition de sortie de résidence se partage en deux volets, à Denain et à Lille.
1/ Centre des arts plastiques et visuels de la Ville de Lille
Du 15 septembre au 18 octobre 2025
2/ L’École d’arts plastiques espace Villar(t)s de Denain
Du 8 novembre au 6 décembre 2025

RÉSIDENCE ARCHIPEL 2023 :
Sirine Ammar et Pauline Delwaulle
SIRINE AMMAR
Pôle intérieur : Centre d’arts plastiques et visuels de Lille et l’école d’art municipale de Denain
Née en 1991, vit et travaille entre Paris, Tunis et Athènes.
Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2017, Sirine Ammar développe une pratique où la sculpture s’aplanit tandis que la photographie devient une matière à modeler, un trompe-l’œil qui témoigne de la disparition de l’image. Cette dernière se transforme en un motif presque abstrait où se superposent deux mondes : celui du réel d’une part, et celui du décorum, de l’ornemental, de l’image-matière.

PAULINE DELWAULLE
Pôle littoral : Écoles d’art de Boulogne-sur-Mer et Calais
Vit et travaille à Dunkerque.
Pauline Delwaulle est diplômée du Fresnoy en 2013. Par son travail et ses recherches, elle interroge notre rapport au lieu, au paysage et à ses mouvements infimes. La question de l’écriture de l’espace et de sa représentation est au coeur de ses projets (toponymie, topographie, géologie…). Véritable touche à tout, elle manie aussi bien la caméra que le cerf-volant, le dessin que la lumière, la carte de géographie que l’écriture. Elle travaille depuis quelques années sur les problématiques d’érosion et d’évolution des traits de côte.

RÉSIDENCE ARCHIPEL 2022 :
Apolline Ducrocq et Céleste Rogosin
APOLLINE DUCROCQ
Pôle intérieur : Centre d’arts plastiques et visuels de Lille et l’école d’art municipale de Denain
Née en 1997 à Boulogne-sur-Mer, vit et travaille à Dunkerque.
Diplômée de l’ÉSÄ Dunkerque-Tourcoing, Apolline Ducrocq est une « artiste bricoleuse, chercheuse et collectionneuse. Mon travail s’articule autour de la sculpture, de l’assemblage, de la photographie et de l’installation.Je questionne l’espace urbain et architectural en constante mutation à travers l’image du chantier de construction, un milieu dans lequel j’erre depuis mon enfance. Ma pratique tend à penser la création comme une construction, comme un moyen de déclencher des expériences. Fabriquer des récits sur et avec le monde, dans une relation active avec des histoires issues d’un site, d’un terrain. »

CÉLESTE ROGOSIN
Pôle littoral : Écoles d’art de Boulogne-sur-Mer et Calais
Née en 1989, vit et travaille à Paris. Formée initialement en danse, théâtre et cinéma, Céleste Rogosin est diplômée du Fresnoy – studio national des arts contemporains en 2021.
Elle développe aujourd’hui une écriture transdisciplinaire et performative où dialoguent mythes, corps et paysages. A travers des films ou des installations, elle exploite la fiction pour révéler des enjeux politiques de la relation des corps à l’espace. Les notions d’utopies – ou du moins leurs recherches et tentatives multiples d’affirmation – sont en permanente redéfinition dans ses projets. Par la quête d’un devenir autre du corps, qu’il soit archaïque, animal ou technologique, elle cherche à faire exister des espaces alternatifs libératoires, physiques et mentaux.

RÉSIDENCE ARCHIPEL 2021 :
Marina Vandra et Guilhem Roubichou
MARINA VANDRA
Pôle littoral : Écoles d’art de Boulogne-sur-Mer et Calais
Estampes, peintures et installations immersives composent la pratique de Marina Vandra et présentent des espaces mentaux, comme des surfaces de projection des intentions du regardant. Les projets tendent à questionner la perception des environnements, leur multiplicité d’interprétation et l’idéalisation de la réalité par la composition d’illusions. Un langage du potentiel est ainsi proposé, un langage qui prend différemment sens en fonction de celui qui le regarde.
Diplômée de l’EnsAD de Paris en 2015 et du Royal College of Art de Londres en 2017, Marina Vandra vit et travaille à Paris. Son travail a été exposé à en France, en Belgique, au Royaume-Uni et aux États-Unis. En 2018, il est récompensé par le Prix de Gravure Lacourière.
GUILHEM ROUBICHOU
Pôle intérieur : Centre d’arts plastiques et visuels de Lille et l’école d’art municipale de Denain
Guilhem Roubichou se réapproprie son quotidien et sa culture « néo rurale » en les déplaçant dans le champ de l’art. Il crée un contraste entre système naturel et système artificiel et joue avec la « technologie-gadget » qui se démocratise, la détournant de sa fonction première.
Diplômé de la Villa Arson, Guilhem Roubichou vit et travaille entre l’Ariège d’où il est originaire et Bidart au Pays Basque. En 2018, il cofonde le collectif d’expositions Grande Surface à Bruxelles, motivé par la volonté de montrer et promouvoir la création contemporaine. Il participe en 2020 à la 69ème édition de Jeune Création à la Fondation Fiminco, à After Party à la Fondation du Doute Blois et plus récemment à l’Atelier chiffonnier de Dijon pour l’exposition Le réveil des mouches.
RÉSIDENCE ARCHIPEL 2020 :
Adrien Degioanni et Marc-Antoine Garnier
ADRIEN DEGIOANNI / PÔLE INTÉRIEUR
C’est en travaillant avec le naturel fragile des bruits que l’on nomme « silences » et des sons de synthèses qui n’ont pas d’équivalent dans la nature qu’Adrien Degioanni élabore des systèmes de diffusion desquels émergent des environnements et sculptures sonores. Le son – élément physique et invisible – façonne consciemment et inconsciemment notre perception du monde. Ses recherches et corrélations matérielles entre le son, les lieux [d’expositions] et nos corps déambulateurs, interrogent des états transitoires et audibles qui se tendent entre présence et absence, concret et abstrait. Adrien Degioanni, originaire de Toulouse, est diplômé de l’ESAPB (Biarritz, 2014) et de l’ISDAT (Toulouse, 2016). Il cofonde en 2018 le collectif d’expositions Grande Surface à Bruxelles. Il vit et travaille entre la France et la Belgique.
MARC-ANTOINE GARNIER / PÔLE LITTORAL
Diplômé de l’École Supérieure d’Art et Design Le Havre-Rouen, Marc-Antoine Garnier tente depuis de nombreuses années de questionner la photographie à travers sa spatialisation, sa relation au support ainsi que son pouvoir sculptural. Cette volonté de s’émanciper de l’usage classique du médium photographique induit de nouvelles relations entre l’image et le spectateur et se retrouve aujourd’hui intimement lié à la nature. Au-delà de l’image, c’est sa matérialité qui nous amène à nous questionner sur notre rapport au temps, à notre propre existence et nous engage à alimenter notre réflexion sur la nature et la condition humaine.
RÉSIDENCE ARCHIPEL 2019 :
Nefeli Papadimouli et Maxime Testu
NEFELI PAPADIMOULI / PÔLE LITTORAL
Née en 1988, vit et travaille entre Athènes et Paris.
Diplômée de l’École d’Architecture de l’Université Nationale Polytechnique d’Athènes et de l’ENSBA Paris, ses installations soulignent l’importance du corps humain – “le premier lieu dans lequel nous existons” – en appelant souvent à une implication directe du spectateur avec l’objet d’art (l’état de l’oeuvre comme une manière d’agir). Elle expérimente et met en confrontation des concepts qui habitent la société – tels que la différence et la ressemblance, l’union et l’opposition -, comme autant d’exercices poétiques permettant de redéfinir la construction culturelle qui bâtit nos perceptions et nos valeurs.
Téléchargez l’édition de Nefeli Papadimouli
MAXIME TESTU / PÔLE INTÉRIEUR
Né en 1990, vit et travaille à Paris.
Formé à l’ENSBA de Lyon et à la HEAD à Genève, Maxime Testu travaille par paratexte. Il s’affirme comme le collecteur, le collectionneur et en un sens le curateur d’un matériel iconographique dont l’organisation vient se substituer au discours argumenté. Si l’on peut trouver dans son travail des références à l’artiste américain Paul Thek (États-Unis, 1933-1988), c’est notamment dans la rencontre de formes artistiques et machiniques ainsi que dans la perspective biomorphique de l’outil, envisagée comme une expérience sensible, cognitive et esthétique.
Téléchargez l’édition de Maxime Testu
RÉSIDENCE ARCHIPEL 2018 :
Jean-Julien Ney et Emmanuel Simon
JEAN-JULIEN NEY / PÔLE LITTORAL
Le travail de Jean-Julien Ney résulte d’une quête d’analogies entre volume et image. Prenant la forme d’installations mêlant sculpture et photographie, cette recherche produit des systèmes autonomes véhiculant leurs propres codes et logiques. Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon, Jean-Julien Ney a exposé à la galerie Thaddeus Ropac (Pantin) dans le cadre de Jeune Création 67e, au Frac-Artothèque Limousin (Limoges), à la ZOO Galerie (Nantes) ainsi qu’à la galerie Hors Les Murs (Marseille).
Téléchargez l’édition de Jean-Julien Ney
EMMANUEL SIMON / PÔLE INTÉRIEUR
Lors de ses résidences ou de ses expositions, Emmanuel Simon sollicite des artistes afin de travailler de manière collégiale, de la carte blanche pour intervenir sur une de ses toiles à la création d’un collectif, éphémère ou non. Lors de ces moments de réflexion à plusieurs s’inventent les règles et protocoles de travail, nom de l’œuvre, conditions de monstration et les participants deviennent co-auteurs. Emmanuel Simon aime à se diluer dans ces collectifs. Diplômé de l’institut supérieur des arts de Toulouse, Emmanuel Simon a notamment exposé à la Friche Belle de Mai (Marseille), à la Galerie Jeune Création (Paris) et au Frac Occitanie Montpellier.
Téléchargez l’édition d’Emmanuel Simon
RÉSIDENCE ARCHIPEL 2017 :
Sacha Golemanas et Ève Chabanon
SACHA GOLEMANAS / PÔLE LITTORAL
Les sculptures et installations de Sacha Golemanas sont le fruit d’analogies visuelles et conceptuelles à la croisée de mondes poétiques divers. La nature et l’histoire de son observation et appropriation sont au cœur de ses réflexions. Elle s’interroge sur notre rapport à l’animal, comment existe-il à travers nous, nos cultures et nos iconographies. Dans ses recherches actuelles prédominent l’élément aquatique et ses potentiels plastiques.
Téléchargez l’édition de Sacha Golemanas et Ève Chabanon
ÈVE CHABANON / PÔLE INTERIEUR
Ève Chabanon est une artiste française, installée à Londres. À travers la performance, l’écriture ou la conception d’objets prétextes, elle bâtit des espaces physiques et conceptuels provocant l’implication de groupes ou d’individus marginalisés. Elle puise ainsi dans les mythologies de l’intime et emprunte à l’activisme et à différents systèmes éducatifs alternatifs ses outils afin d’établir des détournements du quotidien.
Téléchargez l’édition de Sacha Golemanas et Ève Chabanon
Avec le soutien de la Drac Hauts-de-France et du département du Pas-de-Calais.





