FRAC Grand Large

Hauts-de-France

mUmotopia

14.05.2022 — 23.08.2022

Hors les murs / Métropole Européenne de Lille

Commissariat d’exposition : Grant Levy-Lucero et MuMo.

De mai à août 2022, le Musée Mobile (MuMo) sera de retour dans la Métropole Européenne de Lille à la rencontre de 10 000 visiteurs pour sa 4ème édition thématique avec lille3000 !

En collaboration avec le Frac Grand Large, le Frac Picardie et le Centre national des arts plastiques (Cnap), il présentera une exposition autour de l’utopie. Pendant 100 jours, le MuMo accueillera petits et grands pour des activités gratuites : visites, ateliers artistiques et expositions de restitution.

Avec les œuvres pour la collection du Frac Grand Large : Marion Baruch, Olga Boldyreff, Christine Deknuydt, matali crasset, Nicolas Deshayes, Nicolas Floc’h, Bertrand Gadenne, Laurent Grasso et Oriol Vilanova

Les œuvres d’art réunies par Grant Levy-Lucero ont un air de famille avec certaines comptines pour enfants.

Ce petit singe bleu de Christine Deknuydt est-il un cousin de la célèbre « souris verte qui courait dans l’herbe » ? Et l’escargot qui laisse sa trace baveuse sur la toile de Bertrand Gadenne, l’« escargot tout chaud » trempée dans l’huile et l’eau ? Ces porcelaines de Matali Crasset en forme de feuilles de papier plié, sont-elles la vaisselle de l’homme qui vit dans la « maison en carton » ? Les aquarelles réalisées par des cyanobactéries de Nicolas Floc’h, le « clair de la lune » de la chanson sur l’ami Pierrot ? Les arbres de Didier Faustino, la forêt du Petit Chaperon Rouge ? 

Qu’on ne s’y trompe pas cependant. Toutes proches qu’elles soient de l’enfance, ces œuvres d’art n’ont rien de naïf. Et pour cause. Même les comptines ne sont pas ordinaires. Une « souris verte » est aussi mystérieuse qu’un « singe gauche ». Un escargot qui dessine le signe de l’infini, pas moins étonnant que la même souris qui se transforme en escargot. 

« On n’y comprend rien ! » s’exclame parfois le visiteur quand il pousse les portes d’une exposition d’art contemporain. Mais on ne comprend rien à certains rêves, non plus, or nul ne doute qu’ils possèdent une signification profonde.

C’est à cela que touchent peut-être ces œuvres, comme les comptines : à la parenté entre l’art et le rêve, jusque dans sa fragilité. Un rêve s’évanouit parfois quand on essaye de se le remémorer. De la même façon, ces œuvres demandent à notre regard qu’il fasse preuve de tact, voire de tendresse, ou bien elles pourraient se défaire.

Freud a écrit un livre qui s’appelle L’Interprétation des rêves qui fait l’objet d’un grand malentendu : contrairement à l’idée reçue, il y explique en effet qu’il n’est pas possible d’accéder au contenu d’un rêve en en forçant l’interprétation. On ne peut découvrir ce qu’un rêve a à nous dire qu’en associant librement les émotions qu’il provoque en nous, plutôt que les pensées qu’on a sur lui.

Cette exposition est une invitation à faire de même. On n’a pas vocation à en sortir plus malin ou plus instruit, on a vocation à en sortir changé, à en sortir meilleur. Comme le dit la philosophe Gwenaëlle Aubry, parfois on ne retombe pas seulement en enfance : on y monte.


Texte : Mark Alizart.

Une exposition imaginée par Grant Levy Lucero à partir des collections des Frac Grand Large et Frac Picardie et du Centre national des arts plastiques (Cnap).

Date()s

14.05.2022 — 23.08.2022

Lieu

Métropole Européenne de Lille