FRAC Grand Large

Hauts-de-France

GIGANTISME — ART & INDUSTRIE

GIGANTISME — ART & INDUSTRIE est une initiative collective inédite sur le territoire des Hauts-de-France, à Dunkerque : la création d’une nouvelle triennale art et design en Europe.

JUSQU’AU 5 JANVIER 2020

Vue de l’exposition « GIGANTISME — ART & INDUSTRIE : Paysage mental », 2019, Frac Grand Large — Hauts-de-France, Dunkerque

GIGANTISME — ART & INDUSTRIE fait converger attitude visionnaire, goût de la belle ouvrage et prise de risque pour des aventures hors norme. Par son caractère inédit, tout comme sa démesure, GIGANTISME peut surprendre. Il déplace des montagnes et parfois trébuche ou encore subit de plein fouet les mutations économiques, les transitions écologiques et leurs effets sociaux. Les récits, les projets ou leurs productions à différentes échelles demeurent pour témoigner de sa folie créative et bâtisseuse. GIGANTISME — ART & INDUSTRIE est une triennale hors normes, un trait d’esprit qui se projette vers l’horizon et se démultiplie à l’infini.

Vue de l’exposition « GIGANTISME — ART & INDUSTRIE : Paysage mental », 2019, Frac Grand Large — Hauts-de-France, Dunkerque

#1 EN EUROPE (1947−1989)

Le GIGANTISME se caractérise par un état d’esprit unique qui, après la Deuxième Guerre mondiale, a oeuvré au fondement même de la modernité européenne.

Cette histoire culturelle, artistique est en partie marquée par une convergence singulière entre l’art et l’industrie, opérant une mutation des gestes, des processus et des idées. Ce patrimoine vivant, sur lequel il existe peu d’écrits, nécessite que l’on s’en empare. Comprendre comment cette modernité occidentale s’est pensée, formée, diffusée, permet d’en saisir les enjeux fondamentaux. La mise en perspective de son évolution a pour vertu de nuancer les oppositions entre progrès et décélération. Qualifiée par les historiens d’« année-pivot », d’« année-janus», 1947 marque l’initiative d’une reconstruction après une crise existentielle sans précédent, où la notion fondatrice d’humanisme et ses valeurs concomitantes ont été sérieusement ébranlées. Les « identités nationales » réduites et essentialisées, durant les années noires, deviennent à partir de la fin des années 1940, l’enjeu d’une appropriation artistique, intellectuelle, sociale et économique. Une effervescence collective qui souhaite participer à l’avènement d’un futur confiant.

À l’image d’une adhésion commune à un avenir sans conflit et sans crise, un paysage nouveau émerge en un temps record – autre qualité du gigantisme – à partir du milieu des années 1950, s’accélérant dans les années 1960. L’exploitation des matières premières et la mise en circulation des énergies – acier, charbon, pétrole, électricité nucléaire etc. – au cœur de la puissance industrielle et de la politique internationale avec la Communauté européenne du charbon et de l’acier – CECA, transforment tout un rapport à l’espace, visible de manière colossale, gigantesque, dans les campagnes, les villes et sur les côtes. Ces nouvelles échelles spatiales – qui plus est adossées à la possibilité de penser un monde au-delà de la Terre – se reportent dans les formes produites qui tendent à s’émanciper du cadre de la peinture et du socle de la sculpture. Ces œuvres naissent grâce à des collaborations entre artistes et ingénieurs ou architectes. On pourrait, dans certains cas, parler d’un land art européen concomitant au land art nord-américain plus connu. Des savoir-faire liés aux activités productivistes comme la soudure, l’assemblage, l’accumulation, le styling etc. se métamorphosent en gestes d’artistes. Ces collaborations, encouragées par une politique culturelle nouvelle, constituent une histoire des pratiques artistiques et industrielles importantes et particulièrement fertiles jusqu’au choc pétrolier des années 1970, qui a ébranlé la foi dans un futur sans rupture. La mutation notable est l’augmentation du niveau de vie pour un plus grand nombre d’Européens, qui entraîne la production, la diversification d’objets quotidiens de plus en plus nombreux. Les biens de luxe comme la voiture, l’électroménager, deviennent des biens accessibles, dits de consommation, diffusés dans les salons, relayés par les médias et transcendés par les intellectuels en objets philosophiques. Ce qui était rare et singulier devient sériel à l’image des motifs démultipliés à l’infini par l’art abstrait français. Le gigantisme processuel, commun à l’industrie et à l’art, est concomitant d’un certain minimalisme à la française. Le design se redéfinit en simplifiant la forme-fonction en vue d’une meilleure productivité et s’invite autant dans les intérieurs domestiques que dans les vitrines en tant qu’installation artistique. L’esthétique des supermarchés, des affiches publicitaires, des pavillons urbains, imprègne un pop art made in France plus critique.

Les villes nouvelles modernes, conçues dans les années 1960 et se multipliant dans les années 1970, se dotent d’un urbanisme empreint de visions artistiques. Pourtant dans un mouvement de bascule entre la fin des années 1960 et le début des années 1970, la fantaisie qui accompagne la société des loisirs et se prolonge dans les projets architecturés et urbanistiques des artistes, se transforme en une critique de la société et de la culture de masse.

Le détournement, le documentaire, la satire nourrissent les imaginaires. La modernité et ses envies de voir en grand deviennent spécieuses, moquées. Elle est jugée pour son goût de l’anonymat, de l’homogénéisation des singularités. La marque, l’avènement de méthodes managériales et la maîtrise de nouveaux outils de télécommunication hérités d’une fascination – et suspicion prégnante depuis le plan Marshall des États-Unis sont porteurs d’une nouvelle modernité, d’un nouveau monde, en décalage avec celui qui avait relancé l’Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Un mode tertiaire prend le pas sur les cultures rurales et ouvrières annonçant la mutation des relations entre ART & INDUSTRIE. Le chômage devient menaçant. La présence des immigré.e.s venu.e.s des anciennes colonies et ayant grandement participé dans les années 1950−60 à la reconstruction des États, est remise en cause par des positions nationalistes émergentes. Au cours des années 1980, les chaînes, les marques, les hypermarchés, la mode du jetable reconfigurent les centres et les périphéries urbains, ainsi que les frontières nationales. Certaines activités industrielles délaissées au profit d’autres témoignent de certaines transitions. Cependant leurs architectures demeurent et fascinent par leur aspect de ruines grandioses, préfigurant les friches industrielles. Tout en étant attaquée pour son manque de puissance, de prospérité pour toutes et tous, l’industrie est porteuse d’un imaginaire, d’une cosmogonie puissante, qui continuent d’innerver les gestes artistiques, une certaine valeur symbolique qui réunit les deux univers. Les cultures visuelles, musicales, par la démultiplication des médias – presse, radio, télévision – sont au coeur d’une nouvelle dynamique ART & INDUSTRIE effervescente, à la fois dématérialisée, contre-culturelle et globalisante. En parallèle, les formes performatives et les installations vidéo, sonores, se multiplient.

La chute du mur en 1989, vécue collectivement, simultanément et pas à pas à la télévision, bouscule une histoire et une géographie internationale écrite et mise en place pendant la Guerre froide. Elle annonce des nouveaux paradigmes géopolitiques, écologiques, techniques qui s’imposent comme défis à cet état d’esprit, trait d’union entre ART & INDUSTRIE, qu’est le gigantisme.

Keren Detton, Géraldine Gourbe, Grégory Lang et Sophie Warlop

Vue de l’exposition « GIGANTISME — ART & INDUSTRIE : Paysage mental », 2019, Frac Grand Large — Hauts-de-France, Dunkerque

PLUSIEURS SITES

  • La friche industrielle la Halle AP2
  • Le Fonds régional d’art contemporain Grand Large — Hauts-de-France
  • Le Lieu d’Art et Action Contemporaine — Musée de France (LAAC)
  • Dans des espaces publics à proximité : le parvis, devant la passerelle, vers et dans le jardin du LAAC, en passant le long du canal exutoire et de la digue, sur la plage de Malo-les-Bains, jusqu’aux ports de plaisance et sur les môles.
  • En résonance dans des espaces partenaires en ville et en région (Musée portuaire de Dunkerque, La Halle aux sucres Learning Center Ville Durable (Dunkerque), Plate-Forme (Dunkerque), Château Coquelle (Dunkerque), WAAO – Centre d’architecture et d’urbanisme de Lille, Modulo Atelier (Esquelbecq), Maison de la culture (Amiens).
Vue de l’exposition « GIGANTISME — ART & INDUSTRIE : Paysage mental », 2019, Frac Grand Large — Hauts-de-France, Dunkerque

GIGANTISME — ART & INDUSTRIE se visite à travers cinq chapitres :

DIRECTION ARTISTIQUE COLLÉGIALE

  • Keren Detton
    Directrice du Fonds régional d’art contemporain Grand Large — Hauts-de-France (FRAC)
  • Géraldine Gourbe
    Philosophe et commissaire indépendante, spécialiste de la scène artistique de Los Angeles. Depuis 2015 elle œuvre à une réécriture d’une histoire culturelle de la France des années 1947 à 1981
  • Grégory Lang
    Commissaire indépendant et producteur, fondateur de Solang Production
  • Sophie Warlop
    Directrice du Lieu d’Art et Action Contemporaine (LAAC) et du musée des Beaux-Arts de Dunkerque, musées de France

LES PARTENAIRES

GIGANTISME — ART & INDUSTRIE fédère des entreprises dans la réalisation des productions inédites d’art, fait converger des collections publiques muséales et privées en Europe, et s’appuie sur un mouvement participatif local fédérateur, de type société civile en lien avec les institutions municipales, régionales et nationales.

GIGANTISME — ART & INDUSTRIE est porté conjointement par le FRAC Grand Large — Hauts-de-France et le LAAC – Musée de France ; avec l’association L’Art contemporain et la Chambre de commerce et d’industrie Littoral Hauts-de- France.

Le Centre national des arts plastiques (CNAP) est partenaire de GIGANTISME — ART & INDUSTRIE.

GIGANTISME — ART & INDUSTRIE reçoit le soutien du ministère de la Culture — DRAC Hauts-de-France, de la Région Hauts-de-France, la Communauté urbaine de Dunkerque / Grand Littoral et la Ville de Dunkerque.

Documents à télécharger

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