RÉSIDENCE MAGNETIC DOROTHY HUNTER
En 2025-2026, le programme MAGNETIC #4 se structure en tandem. Chacune des résidences en France est associée à une région du Royaume-Uni. Tandis que l’artiste Marie Lelouche, basée dans les Hauts-de-France, est en résidence à Flax Art Studios à Belfast en Irlande du Nord, le Frac Grand Large et l’ESÄ accueille à Dunkerque l’artiste irlandaise Dorothy Hunter de janvier à mars 2026.

RÉSIDENCE MAGNETIC
MAGNETIC est une initiative franco-britannique lancée en 2022 sous l’égide de Fluxus Art Projects, qui réunit 8 institutions en France et au Royaume-Uni dans un programme de résidences d’artistes de 8 semaines.
DOROTHY HUNTER
Dorothy Hunter (née en 1988 à Magherafelt) est une artiste basée à Belfast. Elle travaille de manière interdisciplinaire dans le cadre d’une pratique fondée sur la recherche, réalisant souvent des installations qui mêlent photographie, sculpture, film, archivage et écriture. Son travail explore les traces temporelles, la construction politique de l’espace et ses suites maladroites, ses entre-deux et ses moments antérieurs. Elle s’intéresse particulièrement aux lieux où les conceptions du temps et de la propriété entrent en conflit, souvent dans des espaces peu visibles ou mal compris.
Pendant sa résidence, elle travaillera sur la transformation intentionnelle du paysage naturel autour de Dunkerque par l’industrie, les zones humides des Hemmes de Saint-Pol et la barrière de dunes préservée du littoral restauré. Elle explorera ces sites façonnés ainsi que l’agency des terres, des matériaux et des écosystèmes à travers une collecte attentive, la production d’images, des échanges autour de l’histoire et des dynamiques des lieux, et des processus de création combinés.
RESTITUTIONS
Le mardi 7 avril à 17h30 à L’École Supérieure d’Art de Dunkerque
« POUR SEULEMENT NE PAS SAVOIR »
Sur fond de dunes sous-marines imaginées par les étudiant·es, cette série d’œuvres en cours de réalisation s’inspire de zones côtières liminales, lieux politiques marqués par le développement industriel et environnemental : elle explore la manière dont les gens pénètrent et traversent des lieux interdits, la façon dont la végétation facilite ou entrave ces efforts, ainsi que ces éléments fortuits que nous rencontrons et que, heureusement, nous ne parvenons pas à identifier.
Au cours de cette résidence, j’ai été attirée par ces espaces liminaires qui abritent mais excluent aussi : les routes entre les usines ; les dunes protégées où attendent ceux qui espèrent traverser la mer (ou leurs saboteurs) ; et la zone de la Digue du Braek, un terrain industriel gagné sur la mer. Ces lieux renferment des craintes et des priorités contradictoires liées à la terre. À Dunkerque, il est impossible de concevoir le monde naturel comme distinct de l’humain ; tout se mélange, tantôt paisiblement, tantôt dans un conflit silencieux.
Je me suis interrogée sur la manière dont nous connaissons ces espaces intermédiaires, ou sur la façon dont nous pourrions les imaginer. Travailler à l’encre m’a amenée à explorer des zones de clématites dans les dunes la nuit, et à récolter les fruits de plantes utilisées pour la remise en état des terres afin d’en extraire des pigments ; ces deux plantes suscitent des associations à la fois positives et négatives chez les humains et les autres espèces. À partir de ces images, de ces sons et de ces écrits, j’espère constituer une collection qui cartographie certains de ces espaces.Dorothy Hunter