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du 10 oct. — 4 avr. 2027

Au Frac

LE FOYER DE LA RÉVOLTE

Helen Chadwick, In the Kitchen, 1977

En écho à la sortie du livre Le Foyer de la révolte : Penser l’héritage de La Grande Révolution Domestique (La Lettre Volée, 2026)

Vernissage le samedi 10 octobre à 10h30 (ouverture des portes à 10h)

Le lancement officiel de l’ouvrage « Le Foyer de la révolte. Penser l’héritage de la grande révolution domestique » se fera à l’occasion du WEFRAC, le samedi 21 novembre à 15h au Frac Grand Large.

Cette exposition s’inspire d’un projet mené au Familistère de Guise en 2019 et de l’ouvrage de Dorothy Hayden La Grande révolution domestique, paru en 1980, qui retrace une histoire méconnue de l’activisme de femmes engagées contre les inégalités de genre au début de l’industrialisation. Alors que l’espace domestique se redéfinit autour d’activités et de normes de plus en plus genrées, un mouvement minoritaire émerge pour proposer de nouveaux modes d’organisation collective et d’autres manières de vivre ensemble. Parce que cette « grande révolution » n’est pas un moment figé mais un mouvement continu, nous avons souhaité mettre en écho des œuvres d’artistes de la collection du Frac Grand Large, qui donnent forme et corps à ces luttes contemporaines.

L’exposition « Le Foyer de la révolte » réunit neuf artistes, d’horizons différents, qui détournent les fonctions et les usages de nos espaces de vie : la cuisine associée aux femmes, le cabinet gynécologique qui se dérobe habituellement au regard ou encore l’espace urbain qui apparait souvent comme une menace. À travers des stratégies multiples, ces artistes rendent visibles la domination des normes patriarcales et leurs effets sur les corps et les environnements.

Per Barclay montre l’intimité reléguée dans l’espace froid et hygiéniste du cabinet gynécologique, tandis qu’Anne Collier photographie les pages d’un agenda avec une liste d’objectifs à remplir. Cette architecture du temps, devient symbole d’autodiscipline et d’aliénation. La charge mentale, constituée par l’ensemble des responsabilités quotidiennes, a longtemps été invisibilisée et inégalement répartie. La litanie des choses à faire se retrouve dans la vidéo de Klara Liden, un match de boxe que l’artiste performe contre elle-même. À la violence des coups répond la torsion du store à lamelles, un objet d’aménagement domestique détourné par Jean-François Leroy et que l’on appelle aussi « jalousie ». La violence domestique reste un sujet tabou que l’artiste Ruth Ewan éclaire d’une simple phrase : « I advise you to learn Ju-Jitsu » [Je te conseille d’apprendre le ju-jitsu], invitant à apprivoiser la violence.

Dans l’après-guerre des Trente Glorieuses, l’électroménager est censé libérer les femmes des tâches domestiques. La publicité qui façonne l’image d’une « nouvelle ménagère » contribue pourtant à créer un nouveau carcan. Par la mascarade, Helen Chadwick se réapproprie l’image de son corps dans une performance où elle apparait dénudée et enchâssée dans divers appareils ménagers. Quarante ans plus tard, Justine Pluvinage filme des « Amazones » contemporaines fière et altières dans les rues de Chicago, tandis que Lise Haller Baggesen décrit les personnages complexes d’une Amérique dystopique. Son mannequin, « Ms Peace in the US! », est une adolescente noire de 16 ans, reine de concours de beauté et enceinte. Telle une figure de la liberté, elle arbore un costume d’apparat dont les couleurs nationales se liquéfient en un camaïeu de violet et de noir. Face à elle, gît un pantalon en jean, criblé de balles, renvoyant au « self-made man », autre icône d’une Amérique rêvée et réinterprétée par Daiga Grantina.

Avec les œuvres de : Lise Haller BAGGESEN, Per BARCLAY, Helen CHADWICK, Anne COLLIER, Ruth EWAN, Daiga GRANTINA, Jean-François LEROY, Klara LIDEN, Justine PLUVINAGE